Orange, Free et Bouygues Telecom ont déposé une offre de 20,35 milliards d'euros pour racheter SFR, ouvrant des négociations exclusives avec Altice France jusqu'au 15 mai 2026.

SFR a validé une période de négociations exclusivies avec ses trois concurrents français. © Alexandre Boero / Clubic
SFR a validé une période de négociations exclusivies avec ses trois concurrents français. © Alexandre Boero / Clubic

Après un premier refus en octobre 2025, le trio Orange, Free et Bouygues Telecom revient à la table ce vendredi 17 avril avec une offre revue à la hausse, couvrant la quasi-totalité des actifs de SFR. Les trois opérateurs ont désormais moins d'un mois pour transformer l'essai et finaliser un accord qui redessinera durablement le paysage télécom en France. Altice laisse en effet à ses trois concurrents français l'exclusivité des négociations jusqu'au 15 mai prochain.

Rachat de SFR : une offre à 20,35 milliards d'euros que SFR ne pouvait pas refuser

On s'en souvient, le 14 octobre 2025, le consortium avait soumis une première proposition à 17 milliards d'euros pour l'acquisition des activités de SFR, jugée insuffisante par Patrick Drahi. Cinq mois plus tard, comme on le pressentait depuis quelques jours, le trio Orange, Free et Bouygues Telecom avec une offre plus musclée à 20,35 milliards d'euros de valeur d'entreprise, suffisante cette fois pour déclencher une phase de négociations exclusives avec Altice France. Un vrai pas en avant.

Le périmètre couvre la plupart des actifs de SFR, mais pas tous. Les participations dans XP Fibre, ACS/Intelcia, UltraEdge et Altice Technical Services restent hors jeu, tout comme les activités du groupe dans les départements et régions d'outre-mer. Le deal porte donc sur le cœur du réacteur, pas sur l'ensemble de l'édifice.

Altice France a accordé au consortium une exclusivité courant jusqu'au 15 mai 2026, délai qui pourrait permettre de boucler les termes et la documentation. Le communiqué publié aujourd'hui prend d'ailleurs soin de tempérer les ardeurs, « il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée », écrivent en commun les quatre opérateurs. Rien n'est joué, donc, même si de nouvelles cases ont été cochées.

Qui récupère quoi dans SFR ? Le découpage à trois est déjà esquissé

Le partage des activités de SFR est déjà bien cartographié. Bouygues Telecom s'impose comme le premier contributeur, avec 42 % du prix total. L'opérateur reprendrait également l'intégralité de l'activité B2B de SFR ainsi que le réseau mobile en zone non dense, soit une part conséquente des infrastructures nationales.

Du côté grand public, l'activité B2C de SFR serait partagée entre les trois opérateurs, à l'image des infrastructures et des fréquences radio. Free-Groupe iliad porterait 31 % de la valeur totale, Orange, leader du marché, assume les 27 % restants.

Avant toute chose, l'opération devra passer par la consultation des instances représentatives du personnel, puis décrocher le feu vert des autorités de la concurrence. Le chemin est encore long, mais pour la première fois depuis des mois, le dossier SFR avance dans le bon sens.